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Archives : Marie-Claire Montanari : Voir la Beauté

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Archives – 24 décembre 2010

Marie-Claire Montanari photographie les femmes. Ses images en noir et blanc soigneusement cadrées de corps sans tête et anonymes, caressés par les ombres, célèbrent la beauté féminine. Mais, si son travail paraît classique, l’approche de la photographe est singulière.

En effet, alors que la plupart des photographes cherchent, engagent et paient leurs modèles, ici, ce sont les femmes représentées qui ont engagé la photographe. Leurs motivations sont multiples : le désir de retenir une beauté fugitive, un cadeau pour un amant ; certaines sont jeunes et audacieuses, d’autres, plus âgées, revendiquent encore leur sensualité. À travers les lettres qu’elles envoient à Marie‑Claire, on comprend qu’au‑delà des images produites, c’est l’expérience elle‑même qu’elles ont le plus chérie. Pour certaines, elle a changé une vie.

Comme le dit Marie‑Claire Montanari : « Je ne crois pas en une seule forme de beauté. Chaque femme a la sienne. Nous devrions être capables de voir la beauté en chaque femme et ne pas chercher à imposer un modèle unique. Depuis quinze ans, des femmes de tous âges, de tous physiques et de tous milieux me demandent de les photographier nues. Pour moi, cela a été l’expérience la plus enrichissante et la plus éclairante de ma vie, à la fois en tant qu’artiste et en tant que femme. »

Dans un monde où la beauté est calibrée dans les pages des magazines remplis de mannequins retouchés numériquement, Montanari rend à la « vraie femme » la place qu’elle occupait autrefois dans les ateliers des peintres et des sculpteurs qui célébraient leurs corps. En regardant ces nus, on ne peut s’empêcher d’imaginer le visage, de se demander si nous n’avons pas croisé certaines d’entre elles dans la rue, ou si l’une d’elles n’est pas une amie qui garde ses photographies dans le secret d’un tiroir. Comme il en a toujours été lorsqu’il est question de féminité, le mystère demeure.

Marie-Claire Montanari est arrivée à New York en 1968 pour travailler aux Nations Unies. Elle a commencé à étudier sérieusement la photographie en 1973, suivant des workshops avec Harold Feinstein, un perfectionnement au tirage avec George Tice et l’éclairage avec Phillip Halsman. Elle est ensuite devenue l’élève et l’amie de Lisette Model, qui a suivi son travail pendant de nombreuses années.

Elle a d’abord commencé par se photographier elle-même, puis a décidé de tourner son objectif vers les corps des autres femmes.

Gilles Decamps

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