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Alain Coiffier

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A l’ombre du Rocher

Tu es à Paris ou tu es « a la sombra del Peñon » ? me disait quand nous parlions au téléphone José Maria Riba, un grand ami journaliste qui nous a quitté prématurément durant les mois du Covid.
Il savait que j’étais souvent dans notre maison andalouse.
« El Peñon », c’est ainsi qu’au Sud des Pyrénées on désigne le rocher de Gibraltar qui domine les plages peu fréquentées du Sud de la péninsule où je viens depuis longtemps.
Marécages, vestiges de barbelés d’anciennes zones militaires, blockhaus de la dernière guerre, eaux froides comme sur la côte atlantique du Portugal, sable sombre, hautes marées d’hiver, vents violents, routes maritimes des super tankers…, des raisons potentielles pour que ces plages de la province de Cadix soient restées sauvages.
Un parfum d’énigme flotte toujours sur ces étendues qui se perdent avant l’Afrique.
Des paysages étranges, l’ombre du Maghreb si proche à l’horizon, derrière le détroit qui n’est large que de 15 kms.
Les mystères d’une zone de trafic historique entre le Maroc, Gibraltar et l’Espagne où le brouillard peut brusquement obscurcir une après-midi d’été. En hiver, durant la 2ème guerre mondiale, l’humidité rongeait les articulations des espions… écrivait Georges Simenon.
On touche du regard les côtes marocaines, on distingue par temps clair les premiers sommets de l’Atlas, l’air vibre, on ressent comme un vertige.
Ces contrastes me fascinent et j’aime les observer et en retenir les émotions.

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