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Villa Simone : Hans Silvester : Le tour du monde des épouvantails

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 De la Camargue jusqu’en Ethiopie, tout au long de sa riche carrière photographique, Hans Silvester aura toujours trouvé un moment pendant ses reportages pour photographier des épouvantails. Ces anthropomorphes immobiles, présentés à la villa Simone de Six-Fours (Var), nous font voyager à travers le monde et la dimension artistique de certains d’entre eux donne à leurs auteurs anonymes un véritable statut de créateur.

L’œuvre d’Hans Silvester comporte trois lignes directrices : Le respect et la mise en valeur de la Nature, le témoignage des us et coutumes de la vie des hommes et femmes ainsi que leurs environnements. Des peuples de la vallée de l’Omo aux femmes de Karpathos sans oublier les boulistes vauclusiens, son travail constitue un patrimoine exceptionnel dont les épouvantails participent.

Les épouvantails sont fabriqués avec ce que leurs concepteurs trouvent et leur ingéniosité participe de leur talent artistique. Loin de la dimension critique de l’Arte Povera, ils en empruntent les codes créatifs pour créer des personnages uniques : « Cet art de l’éphémère, étrangement contemporain par son sens de matériaux de récupération, du rebut, voire du déchet, montre au contraire d’une façon admirable que ce qui ne sert plus à rien peut toujours servir et que l’objet le plus réprouvé peut atteindre la plénitude de la signification s’il est touché par la métamorphose de l’acte créateur ! » – Jean-Maurice Rouquette

C’est cette métamorphose créatrice qui est au cœur de l’approche d’Hans : La dimension méthodique de ses prises de vue, son protocole toujours identique (lumière naturelle, vue frontale, centrage du sujet) rappelle le travail systématique des Becher et donne toute sa place au sujet, sans artifice.

L’exposition s’ouvre par trois dispositifs circulaires orignaux qui enserrent des arbres centenaires. Chaque arbre présente 9 regards d’épouvantail en 40×60. Ces visages semblent défier le visiteur qui est immédiatement interpellé à l’instar des singes qu’ils ont vocation à effrayer. Puis des panneaux d’1 M² posés au-dessus des jets de fontaines présentent des épouvantails européens. Plus loin un espace Zen présente 4 épouvantails grandeur nature (1,80M), venus d’Asie. Poursuivant la déambulation, l’espace des jeux d’enfants de ce parc public est entouré d’images des enfants Bench d’Ethiopie. Un chemin conduit à une prairie dont la pelouse est ceinte de 12 épouvantails en pied. L’exposition se termine dans le potager ou d’autres photographies sont dispersées.

« Cet art brut, naïf, original, évoquant les autochtones avec leurs vêtements régionaux, loqueteux ou élégants, tragiques ou seigneuriaux, est plein d’humour et suscite la curiosité. » dit Henry de Lumley, préhistorien marseillais, expert de Tautavel et directeur du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Philippe Serenon

 

Hans Silvester : Le tour du monde des épouvantails
Du 23 septembre au 19 novembre 2023
Villa Simone, Six-Fours les plages, Var

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