Public Interiors
Je suis arrivé au Vietnam sans projet photographique. J’étais simplement là pour passer des vacances. Puis ces façades nocturnes se sont imposées, naturellement, sans que je les cherche.
Pendant trois semaines, j’ai marché de nuit dans Hanoï, Huế, Hội An, Tuy Hòa et Hô-Chi-Minh-Ville, un Ricoh GR3x dans la poche, sans plan. Ce qui m’y ramenait soir après soir, c’étaient de petites scènes autour des boutiques : une marchande de légumes se coiffant dans son étal, des hommes attablés sur le trottoir, un enfant jouant avec un tabouret pendant que sa mère compose des bouquets dans sa boutique de fleurs, quelqu’un faisant la vaisselle dehors, des voisins partageant un repas, une commerçante se coupant les ongles à son comptoir. Le commerce de jour et la vie privée se partagent le même espace. La nuit ne referme pas ces espaces, elle les révèle autrement, avec une forme de sérénité, presque de la poésie : des gens qui vivent dans un espace où le dedans et le dehors se mêlent — un intérieur public — avec une évidence tranquille.
J’ai photographié de face, en gardant le cadre plat et frontal, si bien que chaque façade se lit comme une petite scène de théâtre, bien que rien n’ait été mis en scène. Pas de flash, pas de direction, pas de retour au même endroit. Juste marcher, et s’arrêter quand quelque chose retenait.
Ce sont des lieux où le commerce, l’intime et l’espace public coexistent sans séparation, visibles depuis la rue pour qui prend le temps de regarder.
Trois semaines, c’est un début, pas une réponse. Pour l’instant, ce que ces images portent tient davantage de la question que de la conclusion : que se joue-t-il, la nuit, dans ces espaces de seuil ? La suite reste à construire.
tristanolphe.com — @tristan_olphe
Récompenses / reconnaissances pour Public Interiors :
• Photographer of the Week, All About Photo, 2026
• Sélectionné, Mark Power Prize (catégorie Beyond the Surface), Urban Photo Awards 2026 — classement final annoncé en octobre, à Trieste Photo Days













