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Pavillon Populaire de Montpellier : Premières fois, Premières photos

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Pour sa première saison à la tête de la programmation du Pavillon Populaire, Luce Lebart choisit de revenir aux origines. Un premier geste curatorial consacré aux premières fois. Premières images, premières inventions, premiers livres, premiers essais, premières émotions. Le pole photographique montpelliérain inaugure ainsi sa saison 2026 par une exposition qui interroge moins la naissance d’un médium que sa notion de commencement.

À travers près de deux cents œuvres signées par plus de cinquante photographes, inventeurs et pionniers, « Premières fois, premières photos » compose une histoire de l’image fixe à rebours des récits académiques, faite de tâtonnements, d’accidents, d’intuitions et de ruptures.

Le parcours rassemble des jalons essentiels de cette aventure. Les premiers essais de Nicéphore Niépce réalisés en 1826 et 1827, un daguerréotype de Louis Daguerre, les premières photographies en couleur, les premières images transmises à distance ou encore des brevets étonnants, des marques oubliées et des inventions parfois aussi ingénieuses que farfelues. Derrière ces avancées se dessinent les rivalités entre inventeurs, et les batailles de propriété intellectuelle qui accompagnent les recherches, notamment autour de la photographie en couleur.

Du « photocycliste » au « photopiège », les dispositifs les plus insolites racontent une histoire parallèle de la photographie, où l’imagination déborde largement le cadre des techniques qui finiront par s’imposer. L’un des moments les plus sensibles du parcours donne la parole aux photographes eux-mêmes. Bernard Plossu, Édouard Boubat, Henri Cartier-Bresson, Vinca Petersen ou Martin Parr dévoilent leur toute première photographie et retracent cette rencontre inaugurale avec le médium. Une manière de rappeler que toute grande œuvre commence, elle aussi, par un premier déclenchement.
Avant d’y parvenir, le visiteur est accueilli par Holding the Camera d’Alberto Vieceli, une installation qui recense les multiples façons de saisir un appareil photo. Puis vient la découverte des cyanotypes d’algues d’Anna Atkins, aujourd’hui considérés comme le premier livre illustré par la photographie. La grande salle du Pavillon déploie ensuite une constellation d’innovations techniques, avant de laisser place aux premières images de grands auteurs, puis à un ensemble de unes de journaux consacrées aux photographes.

Le parcours s’ouvre sur les premiers végétaux d’Anna Atkins et se referme sur les premières lueurs de l’univers. Des images contemporaines de naissance d’étoiles répondent ainsi aux origines de la photographie, avant que Photography Is, l’installation de Mishka Henner composée de milliers de définitions glanées sur Internet, ne nous rappelle qu’après deux siècles d’existence, la photographie demeure une langue de signes en perpétuelle mutation.

Jean-Jacques Ader

 

« Premières fois, premières photos » au Pavillon Populaire de Montpellier, du 1er Juillet au 1er Novembre 2026 ; entrée libre. Informations : https://pavillon-populaire.montpellier.fr/

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