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Nozomi IIjima: –Scoffing Pig

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La première fois que je vis les photographies, les larmes me montèrent aux yeux. C’était lors de l’anniversaire de Monsieur Hasegawa. Autour d’une table généreuse, de jeunes photographes qu’il avait publiés dans Asphalt étaient réunis. Nozomi IIjima était l’invité du numéro VI. Un court texte imprimé en japonais et en anglais « Grandir dans un complexe agricole » et sur une pleine page, scruptant de son œil implacable, le profil égyptien d’un cochon emprisonné et saisi dans l’obscurité du charbon et un flux d’argent. Elle s’assit face à moi ouvrant une grande boite et en peu de plis, la trahison me saisit.

« Les cochons savent qu’ils seront expédiés » m’a dit un jour un fermier. Une fois que les cochons sont devenus assez gros et prêts pour être transportés, ils sont marqués au spray et ils seront chargés dans le camion bien assez tôt. »

Voici les cochons, de grands portraits rayés de douleurs, anxieux et tristes, flashés pour le plus grand bien dans leur plus noir enfer, chacun d’eux unique lorsque seul au temps le plus amer. Une pleine vie d’innocent fut et par volontés d’hommes, aller prendre fin.
Je trouvais féminité dans ce voyeurisme si proche du « Fenêtres sur Wall street » de Merry Alpern alors que documentant la cruauté laborieuse qu’exhalent tous les irrévocables signifiés par la société. C’était «  Des cochons enfermés dans des cages accordées à leurs tailles »

« … Facile d’oublier qu’il y a quelques jours à peine, ces cochons étaient en train de manger de la nourriture, se bagarrant l’un l’autre dans le même enclos, faisant une sieste en se blotissant les uns aux autres, tentant de sucer les tétons d’autres cochons à la recherche de la chaleur d’une mère, sentant la chaleur du soleil de juste un autre jour… »
« Aussi je me sens triste s’ils meurent sans devenir un produit boucher. »

La photographie, la jeune Nozomi Iijima la commença avant de commencer de l’apprendre, puis à Place M, elle étudia dans le pas tranquille et lucide de Monsieur Hirosuyasu, la distance qui lie la société à une chambre noire. Plus tard, rejoignant la passion brulante d’ue Takehiko Nakafuji, elle suivit un des ses intenses work-shops suivi d’une pemière exposition personnelle remarquée. En 2011, son impréssionant installation au Nikon salon lui valut un Award. Par 5 mêtres de long et plus de trois de haut, un panel de tirages argentiques prends forme par les rythmes tenses d’une série de portraits de cochons électrisés de peur et de colère, barrés. La présence du grand rectangle résumait d’un seul la puissance de son sens de l’espace, l’acte de sa radicalité photographique.

Ce talent, elle le reconduit aujourd’hui avec « Scoffing pigs » une auto-publicatio réalisée à la main qui fut tout d’abord créer à ma demande pour être présentée lors du Format festival et son book market et qui est exposée et commandée actuellement°. Un petit trésor se déployant avec grande habilité. Elle aimerait aussi voyager pour explorer d’autres vies de ferme, des conditions animales différentes et les photographier avec son regard expert. Parce que Nozomi Iijima photographie ce à quoi elle appartient. Depuis toujours elle documente la ferme paternelle. Une vie qu’elle est fière d’arpenter. Une vie où hommes, chevaux, vaches, cochons et poules sonnantes vieillissent ensembles dans le cycle des saisons. Tous dépendants les uns des autres, mêlés par la boue sous la surveillance de puissants Dieux, aux embrassements venteux et rayons solaires chatouilleux. Par chaud et froid, Nozomi cherche et dresse du cochon, le point de vue. De quelles mémoires le monde des cochons est-il construit ? De la chair, quelles identités, honneurs en fatalité? Avec résignation et grâce, avec une infinie empathie, elle visualise de la tragédie la profondeur et documente la sombre offrande. Une photographie qui élargit véritablement notre perception de ce qui réellement advint dans cette porcherie. Et revenant à nous face à plaisirs et culpabilités, cette oeuvre prend le pouvoir de nous changer.

Sophie Boursat, (Photographic builder, artiste et écrivain).
Publié « L’eau et l’huile » éditions Sabine Weispieser, 2003
ISBN : 978-2-84805-013-3

Nozomi Iijima est née le 6 octobre 1979 au Japon.

Nozomi IIjima: Scoffing Pig
Du 11 mai au 16 juin 2013
Reminders Photography Stronghold Gallery
Higashi-Mukojima
2-38-5 Sumida-ku
Tokyo, Japon

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