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Les grandes orgues de Raphaël Dallaporta

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La galerie Parker Stephenson de New York expose depuis début mars la dernière série du photographe Raphaël Dallaporta. L’artiste propose une série plastique qui rompt avec ses œuvres précédentes.

Grand Organs of Pari est une parenthèse dans l’univers de Raphaël Dallaporta. Le photographe est un habituel engagé. Le genre à vouer son talent à la cause sociale et à la photographie documentaire. Comme dans Esclavage domestique (2006), des clichés froids d’habitations ordinaires. Derrière les murs : l’histoire de femmes, la plupart sans-papiers, battues, humiliées. Dur et révoltant.

Cette fois, Raphaël Dallaporta a posé son regard sur un objet qui le fascine : l’orgue, photographié dans six églises parisiennes. Il apprécie son aspect baroque, organique, monumental. L’esthète a mis en valeur sa symétrie et son raffinement. Le bois luit, le métal aussi. Les sculptures fragiles portent l’ossature colossale. L’horloge veille à l’équilibre. Avec un peu d’imagination, la structure rappelle la gueule ouverte d’une baleine à fanons. Le photographe a surtout le souci du détail.

« Sur Grand Organs of Paris, j’ai voulu faire du beau avec du beau. », rappelle-t-il. Un challenge esthétique et technique. Il a fallu analyser l’endroit et sa lumière, variante et difficile à dompter. Tout un protocole de prise vue a été élaboré. « La technique est le seul enjeu du projet, livre l’artiste. C’est rare de proposer un niveau de résolution qui dépasse la perception humaine. » Il y a pourtant peu de surprise. La perfection des clichés de Raphaël Dallaporta est d’ordre plastique. Ses tirages sont élégants, minutieux, voués à être attrayant. Auparavant, il y a eu Antipersonnel, une série de mines désamorcées photographiées sur fond noir, repérée par Martin Parr. Des contrastes, des reflets, des couleurs vives. Ce coup-ci, c’était du beau avec la mort. « Parfois, en photographie, on essaye de redonner de l’esthétique à des choses qui n’en ont pas forcément », explique-t-il. Exposée à Arles en 2004, cette série déstabilisante l’a révélée deux ans seulement après sa sortie de l’Ecole des Gobelins.

Depuis septembre dernier, Raphaël Dallaporta s’est lancé un nouveau défi : documenter des fouilles archéologiques. Celles d’un monastère bouddhique, époque pré-islamique en Afghanistan. Il suit un groupe d’archéologues français qui, en compagnie d’homologues Afghans, réalisent une campagne de grandes fouilles. Mais en posant son objectif sur un drone, piloté du sol. Objectif : tourner autour du site, multiplier les points de vue et jouer sur les distances pour proposer plans larges ou agrandissements précis. En haute définition. Un autre défi grand angle pour le lauréat de l’ICP Infinity Young Photographer Award 2010. Celui ci plus d’intérêt public qu’artistique.

Jonas Cuenin

Raphaël Dallaporta – Grand Organs of Paris
Jusqu’au 14 mai 2011
L. Parker Stephenson Photographs
764 Madison Avenue, New York

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