L’hégémonie de l’image numérique produit un contre-effet : le goût retrouvé pour la photographie argentique, en particulier ses plus anciens procédés. Soucieux de se démarquer du flot actuel de pixels, des photographes s’emparent à nouveau du daguerréotype, du papier salé ou ciré, de la gomme bichromatée, du ferrotype. Ces techniques exigent de la méticulosité, du temps, de l’expérience. Elles rappelent que la photo a longtemps été une affaire de chimie, autant que d’optique.
Le Musée suisse de l’appareil photographique, à Vevey, a consacré de nombreuses expositions aux procédés du XIXe siècle, souvent vite apparus, vite disparus. Pourtant, l’un d’entre eux manquait à la liste : le collodion humide, inventé par Frederick Scott Archer suite aux travaux pionniers de Gustave Le Gray.