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Isabelle Françaix

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Anatomie de la capucine

Ce travail a commencé au début du premier confinement, en mars 2020. J’ai planté, devant les fenêtres de mon appartement, des graines de capucines et les ai observé grandir, s’ouvrir et flétrir. À chaque instant, la mort à l’œuvre métamorphosait leurs couleurs. Sous chacun des pots, j’ai installé des miroirs rongés et piqués par le temps. J’y ai observé le cycle de croissance des fleurs, me focalisant avec un objectif macro sur la membrane de tain qui les séparait de leur reflet. Mon mari venait de mourir, emporté brutalement par une crise cardiaque. Cette série naturaliste s’est imposée à moi comme une traversée de l’absence, à la rencontre de la mort que je sens depuis mon enfance intimement liée à l’énergie de la vie.

Au-delà du miroir, « Anatomie de la capucine » mêle cette recherche à des portraits en mouvement de ma fille, Marine, en octobre 2020. J’éprouvais le besoin impérieux, comme dans les portraits de Kees Van Dongen ou les paysages d’Emil Nolde, d’incarner la couleur. Je souhaitais une plongée organique au cœur d’un microcosme habité par le désir, évoquant nos sensations et nos rêves.

Chacune de ces photographies observe la frontière, l’embrasure et le passage. Elles caressent la gangue, l’enveloppe, la peau du réel et nous rappellent à notre nudité primitive.

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