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InCadaqués 2025, plongeons dans la photographie 

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Chemin faisant, l’événement photographique de l’automne catalan ancre son équipée parmi le paysage artistique international. Si la neuvième édition contient moins de célébrités de l’image, elle mérite pourtant le détour avec quarante auteurs issus de vingt pays et pas moins de vingt cinq expositions. Avec une programmation qui élargie le spectre des styles photographiques, esthétique, expérimental, documentaire, photojournalisme voire… inclassable, le lien entre les êtres, et avec cette terre de roches et de lumières est toujours présent.

Pour preuve, cet environnement révélé à travers la matérialité du travail de Cloé Harent, lors de son séjour au Cap de Creus ; véritable dédicace aux matières et aux énergies brutes, ressuscitées par son regard à la fois assuré et méditatif.

Julien Mignot lui s’est tourné vers l’horizon, profitant de sa résidence au festival, il poursuit son Present time, projet initialement entamé à Deauville et ensuite au Mexique. Chaque vue est une pause longue qui contient une journée, de l’aube au coucher du soleil ; prouesse technique et impression du temps figé et insaisissable.

Les mises en scène de Nyo Jinyong Lian – Trust me – fonctionnent autant sur la confiance que sur le doute, dixit l’artiste elle-même. Les aberrations de la vie et autres contresens sont ici exprimés avec une lucidité tout à fait maitrisée. La surface plaisante et esthétique de ses images exhale un sous-texte culturel et intime, distillant une tension douce et troublante. À suivre.

Photographier l’intime, la maternité et la vie tout en en renouvelant le récit, résume la belle série de Lisa Sorgini, In-Passing. La photographe australienne démontre subtilement une des fonctions premières de la photographie, pénétrer l’espace intime, l’identité ou le deuil, explorer et, sans un mot, transmettre en un langage visuel parfaitement personnel.

Registre bien différent pour la photographe et vidéaste japonaise Lieh Sugai, qui vit à New-York, mais qui traite aussi l’identité et la mémoire. « En intégrant le film analogique et l’expérience du chimigramme, je façonne soigneusement la lumière, les produits et le papier photographique pour créer des images organiques et texturées, qui reflètent mes rencontres avec des souvenirs fragmentés et changeants. » Au moyen d‘un processus instinctif et d’interactions aléatoires, la série Kaikou (Rencontre) se veut un reflet de sa tentative de conciliation affective entre son pays natal et les Etats-Unis où elle vit.

À noter aussi, le travail documentaire et sensible de Valentina Sinis, photographe italienne, sur la vie des femmes afghanes, au travers d’un regard nimbé d’une lumière bienveillante.

InCadaqués ne serait pas ce qu’il est sans la touche surréaliste, telle que l’apporte le travail photographique de Man Ray logiquement installé dans les jardins de la Casa Dalí, à Port Lligat. Bien que touche à tout, l’artiste américain expérimenta aussi l’image fixe, et fut l’un des complices de l’excentrique catalan. Ils pouvaient se retrouver sur de nombreux points communs, mystère, esthétique et humour, qui procuraient à leurs créations l’onirisme audacieux d’une époque foisonnante.

Le festival, qui semble bien élargir son champ de vision, continue de proposer des rencontres avec les artistes, pour la plupart présents sur les lieux la première semaine, et de ce fait, favoriser les échanges et les ventes d’œuvres. La proposition artistique est épaulée par l’application InPhoto Festival qui reconnaît et informe sur les images sélectionnées.

Jean-Jacques Ader

 

InCadaqués Photo Festival, expositions du 9 au 26 Octobre 2025 dans divers lieux de Cadaqués (Espagne, Catalogne) ; atelier photos, projections de films, signatures, évènements etc… informations : https://fr.incadaques.com/en/homepage-2025

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