À l’occasion de la parution de Firelight, sa dernière monographie publiée avec Laura Serani aux Editions L’Artière, in camera galerie présente une quinzaine de tirages inédits d’Amy Friend, extraits de sa série Dare Alla Luce. Amy Friend écrit :
« Le projet a commencé à travers des conversations intimes avec ma Nonna, tandis que nous regardions des photographies de famille. Elle me racontait des histoires de sa vie — des moments traversant générations et continents — mais parfois les souvenirs se brouillaient. Les noms, les lieux et les événements devenaient insaisissables, m’amenant à m’interroger sur la nature des photo- graphies en tant qu’objets et sur les significations qu’elles portent lorsque leurs récits s’estompent. Que se passe-t-il lorsque le contexte derrière une image se perd ? Comment les photographies personnelles façonnent-elles notre compréhension du monde, à la fois individuellement et collec- tivement ?
Plutôt que de me concentrer uniquement sur mes images familiales, j’ai élargi ma recherche en collectant des photographies vernaculaires provenant de diverses sources. Ces images anonymes, détachées de leur contexte d’origine, m’ont intriguée. Elles m’ont permis de réfléchir à la manière dont les photographies communiquent — ou dissimulent — lorsque leur provenance est perdue.
À travers l’expérimentation, j’ai développé un processus consistant à perforer les photographies à la main, laissant la lumière les traverser. Cette utilisation de la lumière est devenue centrale dans le projet, symbolisant la renaissance de ces images oubliées. Le titre, Dare Alla Luce, se traduit de l’italien par « mettre au monde » ou « porter à la lumière », une expression utilisée pour désigner l’accouchement, mais qui fait ici également référence à la présence renouvelée et aux nouvelles interprétations de ces photos « perdues ». Ce titre m’a semblé approprié, car il résume l’idée de renaissance — la manière dont les photographies renaissent continuellement chaque fois qu’elles sont regardées à nouveau.
La photographie, née de la lumière, est intrinsèquement malléable : chaque regard la transforme subtilement, façonnée par l’évolution de nos perceptions.
(…) Dans cette vaste archive de photographie vernaculaire, j’ai été frappée par ce qui manquait — des pans entiers de la démographie, des moments historiques et des périodes significatives restaient non documentés, cachés ou perdus.
Dare Alla Luce présente une collection fragmentée de photographies vernaculaires, invitant à réflé- chir au mystère, à la joie, à la tristesse, à la solitude et à la créativité qu’elles renferment. »
Amy Friend
Amy Friend grandit dans la banlieue de Windsor, Ontario au Canada où le fleuve Detroit rejoint le lac Saint Clair. Elle étudie à l’université d’art et de Design OCADU à Toronto, avant de voyager entre l’Europe, l’Afrique, Cuba et les Etats-Unis.
Dès son retour, elle décide de continuer ses études et reçoit les honneurs après une licence d’arts appliqués et Education à la faculté de York, Toronto puis un master en Arts appliqués. Elle devient Assistante au département des Arts Appliqués de l’Université de Brock à Sainte Catherine, Ontario.
Le travail de Friend a été exposé à l’échelle nationale et internationale dans le cadre d’expositions majeures, de festivals et d’institutions, notamment à la Bibliothèque nationale de France (Paris), à Paris Photo, au Centre d’art contemporain de Meymac (France), au GetxoPhoto Festival (Espagne), au DongGang Photography Museum (Corée du Sud), au Centre culturel Onassis (Grèce), à Guate- Photo (Guatemala), aux Encontros da Imagem (Portugal), à la galerie Alzueta (Espagne), à Photo- ville (New York), au Museum London (Canada), à Rodman Hall (Canada) et à l’Abbaye de Silvacane (France).
Son travail a été présenté dans des publications importantes telles que : The New York Times Magazine, Time, California Sunday Magazine, GUP (Amsterdam), EKI (Italie), LUX (Pologne) et The Walrus (Canada).
Friend a été sélectionnée pour le Taylor Wessing Portrait Prize 2019 à la National Portrait Galle- ry (Londres, Royaume-Uni). Friend a été sélectionnée parmi les 50 meilleures photographies du concours international de photographie Critical Mass et a été lauréate de Critical Mass en 2014.
En 2018 à Paris Photo, le travail de Friend a été sélectionné pour l’exposition Elles X, organisée par Fannie Escoulen, présentant 100 femmes photographes, des débuts de la photographie à au- jourd’hui.
Les photographies de Friend font partie de plusieurs collections publiques, notamment la Fonda- tion Orestiadi (Gibellina, Sicile), la Fondation Onassis (Athènes, Grèce), la ville de St. Catharines, (St. Catharines, Canada) et l’Université York (Toronto, Canada).
Friend crée actuellement de nouvelles œuvres avec le soutien du Ontario Arts Council et sa nouvelle monographie, Firelight, a été publiée aux Editions L’Artière sous la direction de Laura Serani.
Amy Friend : Dare Alla Luce
du 26 mars au 23 mai 2026
in camera galerie
21, rue Las Cases
75007 Paris
T : + 33 (0)1 47 05 51 77
du mardi au vendredi de 13h à 18h, le samedi de 14h à 19h
www.incamera.fr














