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Biennale Internationale de Photo d’Ostende 2025 : Galerie P. : Valérie Naessens : La Brise d’Ostende

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Dans le cadre de la Biennale Internationale de Photo d’Ostende 2025, la Galerie P. présente La Brise d’Ostende de Valérie Naessens.

Si l’appareil photo de Valérie Naessens avait été un filet, il aurait pêché la mélancolie dans les vagues de la mer. Dans sa série photo Brise d’Ostende, la photographe vous emmène à travers le sable mou des dunes, par dessus les digues désertes, le long du rivage et retour. Avec neuf images, elle forme une promenade qui serpente et ondule comme la houle de la mer.
Non pas avec de la peinture sur la toile, mais avec un objectif, Valérie capture plus que du bleu. Des images émane un sentiment qui, pour les uns, est poignant et pour les autres libérateur, qui pour les uns effraie et pour les autres protège. Et toujours, une source de lumière est discernable, qui, telle un phare, brise les ténèbres et relie la terre et la mer. Parfois, votre regard et la lumière se rencontrent immédiatement, parfois il faut chercher un peu, comme dans la vie.

Atmosphère

Valérie sait ce qu’est l’obscurité et, après une dépression, retrouve plus souvent la lumière dans la vie et dans son travail. Là où elle choisissait résolument l’obscurité dans ses créations antérieures, elle tend maintenant vers la couleur. Il y a de la place pour la lumière et les nuance, bien que tempérées. La mélancolie continue de transparaître dans les colonnes ombragées du Thermae Palace ou le Monument National aux Marins qui se cache sous une couche de brume et se fond dans le paysage. Le moment où les photos ont été prises contribue à cette atmosphère : juste avant que le soir ne soit complètement tombé, quand le monde devient noir et que le ciel veut désespérément rester bleu.

Spilliaert

Pendant l’heure bleue, avec des nuages assoupis pour compagnie et le peintre belge Léon Spilliaert comme exemple, elle a capturé la série. Spilliaert – qui, comme Valérie, est originaire d’Ostende – a utilisé ses errances nocturnes sur la digue dans son œuvre. Le peintre et la photographe cherchent tous deux la solitude pour traduire un monde intérieur sur la toile. Pendant des vacances dans le Nord de la France, avant même que les valises ne soient déballées, la mer a appelé la photographe. Sans cesse, elle est revenue  à travers le sable mou des dunes, par dessus les digues désertes, le long du rivage pour prendre de nouvelles images. Ce n’est qu’à son retour qu’elle a remarqué les similitudes avec l’œuvre de Spilliaert et a décidé de rester sur la même voie.
Ainsi, le nom Brise d’Ostende fait référence à un parfum créé et vendu dans la station balnéaire par le père de Spilliaert. La taille des photos est calculée sur le format que l’artiste utilisait le plus souvent.

Le reste du monde
Les images se dressent debout, dans la même position qu’un noctambule errant sur la digue tandis que le reste du monde dort. Un choix surprenant, car la plupart des images côtières sont capturées horizontalement pour contenir l’immensité de l’horizon. En présentant les tirages verticalement, Elle se débarrasse du superflu et se concentre sur le sentiment oppressant et mélancolique qui sous-tend la série. Et si vous placez toutes les images côte à côte, les lignes d’une photo se fondent dans la suivante, vous emmenant sur la promenade que Valérie a tracée ; parfois face au vent, parfois avec la brise ostendaise dans le dos.

À propos de Valérie Naessens

« On dirait des tableaux », disent presque tous ceux qui voient les œuvres de Valérie Naessens. En 2017, la photographe a trouvé dans son appareil photo un compagnon qui lui apporte la paix. Depuis, elle s’aventure dehors par temps maussade pour capturer les histoires qu’elle souhaite raconter en images.
Pour cela, Valérie suit son propre rythme. Quand elle se donne le temps de tourner autour d’un sujet et laisse son travail mûrir, les plus belles choses apparaissent.

Valérie prend soin de ne pas enregistrer la réalité telle qu’elle existe. Elle se concentre sur les détails et trouve la beauté dans des fragments de la réalité. Ses photos sont le reflet de son esprit et suivent les méandres de sa vie. Le mot qui flotte de manière palpable devant l’objectif est « émotion ». Les images sont atmosphériques et cinématographiques, narratives et aliénantes. Les couleurs sont douces et sourdes.
Le jeu avec la netteté caractérise également son travail. En laissant place au flou, elle se concentre sur les sensations. Le voile mystérieux de bruit qui recouvre ses images rappelle la photographie analogique. Valérie veille à ne pas aller plus loin dans le post-traitement de ses photos que ce qui est possible dans une chambre noire. Elle parvient ainsi à capturer l’atmosphère d’époques révolues dans ses images. Elle le fait à sa manière pittoresque et à son propre rythme.

 

Valérie Naessens La Brise d’Ostende
6 septembre – 16 novembre 2025
Galerie P.
Kursaal-Oosthelling 10
Ostende, Belgique
Mercredi – Vendredi 14h – 18h
Samedi – Dimanche et jours fériés 11h – 18h
www.galeriep.be

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