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Bande organisée : Capucine + Antoine

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Capucine Lageat et Antoine Perroteau forment depuis 2017 le duo Capucine + Antoine. Ensemble de la conception du projet à la prise de vue, ils développent une pratique documentaire qui s’attache aux espaces en transformation, à la mémoire des lieux et aux présences humaines qui les traversent.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir un duo de photographes ?

Antoine : Capucine faisait de la photo depuis longtemps, et moi je suis arrivé aux Beaux-Arts de Nantes en faisant de la peinture. Finalement, on s’est retrouvés au départ autour d’un médium un peu neutre pour nous : la vidéo. Après nos études, on s’est recentrés sur la photo.

Capucine : On a passé notre DNSEP (diplôme de fin d’études, NDLR) ensemble. Dès la troisième année, on avait des projets communs. On a pu expérimenter pendant nos études ce que ça signifiait de travailler à deux. Ça a bien fonctionné, alors on a continué !

 

Ça ne semble pas si évident, dans l’univers de la photo, de s’effacer complètement derrière un nom collectif.

Capucine : J’ai fait un bac d’arts appliqués et, depuis ce moment, l’idée du collectif m’a toujours semblé une évidence. Travailler seule, ça n’a jamais été quelque chose dont j’ai eu envie.

Antoine : On n’a pas en nous cette sanctification du talent individuel.

Capucine : On est tout le temps ensemble. Par exemple sur les appels à projets : on y réfléchit et on y répond ensemble. On n’a jamais eu l’envie de le faire individuellement.

 

Comment ces envies communes se matérialisent-t-elles dans vos projets ?

Capucine : On ne procède jamais vraiment de la même manière. L’un de nos premiers projets portait sur les habitats participatifs à Angers. On avait imaginé de travailler autour du polyptyque avant même de lancer le projet. Sur place, nos images étaient très composées : l’appareil était posé sur pied et on gérait le cadre à deux. Sur d’autres projets, c’est différent. Les deux derniers nous ont amenés à faire du portrait, c’était tout nouveau pour nous. Travailler le portrait à deux, c’est une expérience différente : on discute, on pose des questions ensemble…

Antoine : Quand on est tous les deux en train de photographier, il peut y avoir l’un qui interagit avec la personne pendant que l’autre, sur le côté, capte une image différente.

 

Les rôles sont interchangeables ?

Capucine : Oui, je pense qu’on peut très bien prendre le rôle de l’autre même si certaines choses sont plus naturelles pour l’un ou pour l’autre. Par exemple, je me sens plus à l’aise pour mener les interviews, mais d’un point de vue photographique, on ne se répartit pas les tâches de manière stricte.

Antoine : On a souvent plusieurs appareils qu’on s’échange régulièrement : on brouille toutes les pistes ! Chacun fait des photos, mais on les signe toujours à deux. Les gens nous demandent régulièrement : « Qui a pris cette photo ? » Souvent on s’en souvient, mais parfois on ne sait même plus ! Il y a ce mythe du moment décisif, alors qu’une photo, c’est bien plus que le centième de seconde du cliché : c’est la définition du projet, la prise de contact, les repérages, l’editing, le tirage…

 

Le temps de réflexion est une phase importante de vos projets ?

Capucine : Pour un nouveau projet que l’on mène à Limay (commande de la commune portant sur des portraits du quotidien, NDLR), on a eu des semaines d’hésitation, notamment sur le choix du médium. On s’était rééquipés en matériel numérique, on avait pris notre décision et finalement, au tout dernier moment, on a choisi de revenir à l’argentique.

Antoine : Ça peut nous prendre des heures de discussion, juste pour choisir un appareil !

 

Pourquoi ce choix ?

Capucine : Avec l’argentique, il se passe quelque chose de particulier dans la relation à l’autre : on discute de l’appareil, on échange des souvenirs… Et puis, en numérique, les gens peuvent demander à voir la photo tout de suite. L’argentique garde une part de mystère qu’on aime bien.

Antoine :  Et puis tu fais moins de photos, donc le choix est plus réfléchi. Ça recentre sur la prise de vue. Être photographe, c’est aimer être dehors. Pour nous il n’y a rien de plus angoissant que de passer ses journées derrière un ordinateur.

 

Est-ce qu’il y a des contraintes à travailler en duo ?

Antoine : Oui, notamment sur le plan financier. On répond souvent à des appels à projets ouverts à toutes les formes artistiques, car beaucoup d’appels exclusivement photographiques prévoient des budgets pensés pour une seule personne et ce n’est pas envisageable pour un duo.

 

Vos deux résidences en cours (à Limay et dans le Vexin) vous offrent un peu de visibilité sur l’avenir. Quelles sont vos envies pour la suite ?

Capucine : On s’était donné comme objectif de travailler plus près de chez nous, et c’est une première étape ! Pour la suite, on aimerait également développer des projets plus courts. Les résidences sont très exigeantes, elles demandent beaucoup de temps et d’énergie. On voudrait les compléter par davantage de travaux de commande.

 

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