C’est un bâtiment incontournable à Arles, avenue de la République. Une grande porte sombre avec deux colonnades enroulées comme deux grands serpents. Derrière : l’Hôtel de la Lauzière, laissé à l’abandon depuis près de soixante ans. Quatre nouveaux propriétaires, dont Nathaly Capelle et Jean-Florent Mendelbaum, originaires de Paris, ainsi que la galeriste Anne-Laure Buffard et François Gagey, ont jeté leur dévolu sur cette bâtisse emblématique et ont décidé d’en faire un lieu culturel. Alors que les travaux de rénovation n’ont pas encore commencé, un partenariat avec Louis Vuitton a permis de réaliser une première exposition autour du travail de Nhu Xuan Hua pour l’édition de ces Rencontres d’Arles.
Ainsi se déploient une vingtaine d’images accrochées sur des murs vieillissants, aux papiers peints d’antan, et qui contrastent fortement avec la dimension surannée du lieu. Nhu Xuan Hua explique avoir voulu faire le portrait de sa « famille de cœur » en rejouant les codes de la photo de famille. Son procédé consiste à inverser la couleur de la photographie, nous laissant comme spectateur du négatif. « Pour moi, il était important de rendre anonymes les visages afin que le visiteur puisse se projeter dedans. Je voulais mettre une distance avec la brutalité de l’intime » détaille l’artiste. Des scènes de célébrations comme l’anniversaire ou la fête de Noël ont donc été reconstitués entre les murs de l’Hôtel de la Lauzière, spécialement pour ce projet.
À l’espace du Monoprix sont exposés les artistes sélectionnés pour le prix découverte Louis Roederer. Certaines propositions sont particulièrement intéressantes, notamment le travail d’Heba Khalifa intitulé « L’Œil du tigre ». Une série de collages puissants qui mettent en lumière la souffrance d’une victime d’abus sexuel. À côté, la photographe Julie Joubert décortique la masculinité des militaires de la Légion étrangère dans son projet « Patria Nostra » où l’on découvre une sensibilité singulière derrière les galons.
Autre ambiance à la fondation Manuel Rivera Ortiz où des artistes jouent avec la notion de « sortilèges ». On côtoie tout ce qui existe autour des chamans et de la magie ritualisée. À l’étage supérieure, une exposition organisée par Freelens & Hamburg Portfolio Review propose de poser un regard sur la vie en Allemagne et ses différentes réalités sociétales.
Jean-Baptiste Gauvin
Arles 2025 : Images Indociles
La 56e édition du festival se déroule du 7 juillet au 5 octobre.
La semaine d’ouverture a lieu du 7 au 13 juillet.
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