Le Pavillon de Singapour à la 61e Biennale de Venise présente des œuvres photographiques et vidéo de l’artiste pionnière Amanda Heng, dont certaines n’ont jamais été vues auparavant, aux côtés d’une intervention architecturale, offrant une relecture opportune de la relation fondatrice de Heng à l’appareil photographique et au corps, reliant Singapour à Venise.
L’œuvre constitue l’aboutissement de quatre décennies de pratique de Heng, nourrie par son attention soutenue au corps, aux gestes du quotidien et à la rencontre sociale non scénarisée. La présentation reflète un déplacement, depuis l’immédiateté chargée de ses premières performances publiques vers un mode d’attention plus calme et plus intérieur.
Parts of My Body (1990, réimprimé en 2026), se compose de neuf grands tirages photographiques, présentés appuyés directement contre les murs du pavillon. Créée alors que Heng avait un peu plus de trente ans, en collaboration avec Chen Kunyi, qui étudiait alors les techniques de chambre noire, la série rassemble des gros plans isolant des fragments du corps. Revisitée près de quatre décennies plus tard, elle présente des fragments rapprochés du corps de l’artiste — un coude, une épaule, une main, une clavicule — isolés de la figure entière et rendus avec une intimité saisissante. Ni portraits ni documents, ces images transforment la peau et la forme en presque-paysages, oscillant entre immédiateté et abstraction.
A Pause (2025-26), nouvelle œuvre vidéo à deux canaux, répartie entre Singapour et Venise, saisit des personnes, dont cinq Vénitiens, allant d’un conducteur de vaporetto et d’un DJ à une artiste ukrainienne et une professeure d’art vénitienne, dans de calmes moments de repos quotidien — arroser des plantes, préparer le petit-déjeuner, marcher, regarder le ciel. Filmée en temps réel, elle montre que le « repos » n’est pas fixe, mais personnel et inscrit dans les routines quotidiennes. Le pavillon lui-même a été reconfiguré par une intervention architecturale, invitant les visiteurs à s’asseoir, à s’appuyer ou à s’allonger.
L’artiste Amanda Heng Liang Ngim a déclaré : « A Pause transforme le Pavillon en un espace calme et ouvert au repos, invitant les visiteurs à trouver leur propre manière de ralentir, de prendre le temps et d’être présents. Il n’y a ni règles ni instructions. Chaque personne se déplace librement dans l’espace, différemment. Et vous remarquerez peut-être comment le corps se porte lui-même, se sentant à l’aise et en paix, s’interrogeant sur ce que signifie faire une pause. »
La commissaire du Pavillon, Selene Yap, a déclaré : « Le travail d’Amanda Heng s’ancre dans le quotidien — la manière dont nous bougeons, faisons pause et nous soutenons à travers de petits gestes. Cette présentation montre cette pratique à pleine échelle, transformant le pavillon en un espace où les visiteurs complètent l’œuvre simplement par leur présence. »
A Pause est présenté du 9 mai au 22 novembre 2026. L’exposition se déplacera à Singapour en janvier 2027, où elle sera réimaginée pour une seconde itération au SAM at Tanjong Pagar Distripark.
Commissaire : Elaine Ng, National Arts Council Commissaire d’exposition : Selene Yap
Artiste exposante : Amanda Heng Liang Ngim
Organisé par Singapore Art Museum
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