Né à Chalon sur Saône, rue de l’Oratoire le 7 mars 1765, Joseph Nicéphore Niépce dans la maison familiale à Saint-Loup-de-Varennes, invente un appareil photographique en bois, disons-le assez primitif équipé d’un diaphragme à iris et réussit à fixer la première image photographique au monde. C’est une image quelque peu négative, obtenue grâce à l’action de la lumière, sur une plaque d’étain polie de 20×16 centimètres. Elle est enduite de bitume de Judée, son nom: « point de vue du Gras ».
Au temps de la Restauration, en mai 1826, Niépce commence à parler de ses travaux de recherches héliographiques, mais ce n’est qu’en décembre 1827 qu’il décide finalement de donner à son invention, le nom d’Héliographie.
Après des travaux en collaboration avec Louis Daguerre, le célèbre bourguignon Nicéphore Niépce, s’éteint à l’âge de 68 ans, chez lui à Saint-Loup-de Varennes le 5 juillet 1833, il ne connaitra donc jamais l’évolution extraordinaire et mondiale de son invention.
En fait, la plaque héliographique va sommeiller de nombreuses années au fond d’un coffre! C’est après de multiples péripéties, qu’une vraie chasse au trésor commence. Pour prouver aux yeux du monde l’invention de Niépce, Il faut absolument retrouver cette première photographie de 1827.
La chasse au trésor.
En 1946, un photographe et historien du nom d’Helmut Gernsheim, alors en voyage en Angleterre, découvre que Nicéphore allant voir son frère Claude malade à Londres, a laissé ses travaux…puis, sans en connaitre la valeur historique, la fameuse plaque passera entre les mains de divers propriétaires. Ce n’est que le 14 février 1952, après de très nombreuses recherches, qu’Helmut Gernsheim, découvre l’Héliographie de Niépce, soit 125 ans après son invention, et l’héliographie en question est toujours en parfait état!.
Le 17 mai 1952 le journal Paris Match titre : On vient de retrouver la première photographie du monde: elle est française.
Aujourd’hui cette première héliographie, image demeurée à ce jour unique, est actuellement conservée précieusement aux Etats-Unis, dans la collection Gernsheim, à l’Université du Texas, Austin.
Imaginez! elle est exposée et présentée dans un conteneur sous hélium, un gaz rare qui la protège de toute corrosion et du noircissement. Une merveille, un trésor!.
L’héritage à Chalon sur Saône, d’un riche et précieux patrimoine photographique français.
Pour fêter en France dignement et comme il se doit, le futur bicentenaire de la naissance de la Photographie et particulièrement ici, dans son berceau bourguignon, le musée Nicéphore Niépce est légitimement en toute première ligne. Mais voilà, cette institution municipale pourra-elle durant la période de ces festivités, vraiment bénéficier de tous les moyens nécessaires pour aussi accueillir, la première photographie réalisée au monde, « Point de vue du Gras », à Saint-Loup-de-Varennes?
Depuis des mois, peut-être même plus… il faut négocier serré avec les Etats-Unis pour permettre la venue de cette icône en France et donc au musée Niépce de Chalon. Une image, qui se doit d’être sous haute protection technique bien sûr, et c’est déjà là on l’imagine, un réel programme!.
En effet, le musée Nicéphore Niépce à l’envergure nationale, a un statut municipal. Il a été crée il y a déjà 50 ans et ouvre ses portes gratuitement depuis 1974. Sa mission: collectionner, archiver et protéger, des millions de tirages photographiques, plaques, négatifs, appareils anciens, et matériels photographiques les plus divers. Chaque année, cette institution culturelle organise et présente au public depuis le début de son existence, de remarquables expositions, importantes et variées. A ce jour, 35 personnes y travaillent et y consacrent leur temps pour partager leur passion.
Seulement voilà, ce musée n’est plus depuis déjà pas mal de temps, (on parle de trente ans), suffisamment grand ni vraiment équipé pour envisager son avenir sous un jour nouveau, permettre une nécessaire et indispensable évolution dans le sens positif du terme.
Depuis 25 ans, les différents premiers édiles, toutes couleurs confondues, se sont succédé, ils ont tous promis au personnel de ce musée comme aux bénévoles (162 à ce jour) de l’association de la Société des Amis du musée Niépce, de transférer et, un jour, de déménager le musée dans un lieu plus grand et mieux conçu pour réaliser les missions indispensables à la conservation de ce riche et unique patrimoine d’images le plus souvent argentiques.
Mission de l’association: Société des Amis du musée Nicéphore Niépce.
« La société des Amis du musée Nicéphore Niépce groupe toutes les personnes qui s’intéressent au musée et à ses activités artistiques et scientifiques. Elle a pour but de mieux faire connaître l’œuvre de Niépce, l’histoire de la photographie, les collections du musée, d’enrichir les collections dans la mesure de ses possibilités par des dons, des souscriptions (complémentaires des acquisitions faites par la municipalité) et des donations faites directement au Musée.
Elle assume aussi un but culturel en organisant des manifestations telles que conférences, projections, colloques, séminaires, stages, excursions, voyages, expositions destinées à accroître les connaissances de ses membres dans le domaine culturel et photographique. »
Elle joue un rôle important dans le fonctionnement de la librairie et les éditions d’ouvrages autour de la photographie.
Quel avenir pour ce musée municipal à vocation nationale ?
A ce jour, rien de très nouveau visible à l’horizon. Les personnels passionnés, comme les bénévoles qui tous consacrent de leur temps pour faire vivre dans de bonnes conditions, la Photographie huitième art, n’y croient plus. Au final ils se disent, que ces personnes haut placées leur ont successivement raconté un peu des histoires qui ne sont pas photographiques.
Certes, aujourd’hui on le sait, c’est l’ensemble des personnes liées aux domaines de la Culture qui s’interrogent sur leur devenir et, comme ici, pour la transmission de nos histoires de vie photographiées, ce n’est pas vraiment rassurant.
La première photographie au monde, elle, existe toujours, 200 années après son invention, celle d’un français, de surcroît bourguignon et chalonnais.
Un jour, pourra-t-on découvrir cette héliographie icône, au musée qui porte le nom prestigieux de son inventeur ? Qui sait, peut-être!
Maintenant c’est plus qu’indispensable, il y a vraiment urgence à transformer ce musée, pour la mémoire de Nicéphore Niépce mais aussi pour une ville comme Chalon, une grande région comme la Bourgogne Franche-Comté, la France et le monde !
https://www.museeniepce.com/index.php?/musee/presentation/Presentation-Photographie
Jacques Revon
Journaliste honoraire, auteur, photographe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Revon














