Observer le monde et ses mutations quand on est photographe pose la question de la forme. Le reporter montre l’événement, en prise direct avec ce qui se passe sous ses yeux. Il se place du côté de l’image-témoin, quel que soit son parti pris. L’artiste questionne l’information. Il est du côté de l’image-pensée. Gilles Coulons’est volontairement éloigné du reportage pour s’interroger sur les problématiques qui l’animent. Décontextualiser la violence du monde pour en cerner les contours, déconstruire les pratiques photographiques usuels pour affiner son propos. Le dispositif est simple : quatre focus composés de paysages et de textes sur les conjonctures sociale ou politique d’un pays, déclinés en quatre saisons. La force du procédé réside dans le lien qui s’opère entre l’image et l’écrit. Les blanches étendues de l’hiver dissonnent au contact des avis de décès. Des voix expriment leur liberté désirée derrière l’aridité des territoires tunisiens. Les arbres-gardiens
grondent leur impuissance face aux menaces des guerres intestines du Mali. Les vastes horizons creusent des sillons amers d’une Espagne en crise. Le paysage, spectateur muet, assiste aux gesticulations des sociétés humaines, à leurs saisons.
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