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Gerhard Richter

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« Reproduire une photo me semblait être la chose la plus antiartistique que l’on puisse faire. » L’exposition Panorama que le Centre Pompidou consacre à Gerhard Richter, jusqu’au 24 septembe 2012, rend hommage à l’une des figures majeures de la peinture contemporaine.

Gerhard Richter apparaît sur la scène européenne au début des années 1960 avec des oeuvres inspirées directement de photographies qu’il appelle les « photos-peintures ». Son oeuvre s’impose dès lors comme une alternative au pop art américain et à l’art informel européen en défendant une nouvelle vision de la peinture. Ses tableaux, peints à partir de ses propres photographies ou d’images choisies dans la presse, sont empreints d’une stricte neutralité expressive. Toutefois, le choix de ses sujets en fait l’un des premiers artistes de sa génération à se confronter au passé nazi, puis à la culture du consumérisme. La fidélité aux images reproduites est le résultat d’un procédé classique du duplicata : après un quadrillage des photos, l’image est agrandie grâce à un épiscope puis recopiée sur le support choisi. L’effet final de flou est quant à lui obtenu en frottant la peinture encore humide avec une brosse, soit en bandes horizontales, soit en brouillant les contours. Richter peint ses premiers portraits au milieu des années 1960. Le plus récent, Ella (sa deuxième fille), date de 2007. Cette galerie de portraits est composée uniquement de représentations des proches de l’artiste et, exceptionnellement, d’un autoportrait. En 1965 Gerhard Richter peint son oncle Rudi, sa tante Marianne, ainsi que son père Horst. Il représente son oncle en uniforme nazi, s’inspirant d’une photographie sur laquelle il posait en souriant, prise quelques temps avant de mourir à la guerre. Le portrait de sa tante Marianne, fragile mentalement, s’appuie sur une photographie la montrant en compagnie de Richter enfant, avant qu’elle ne soit tuée par les Allemands dans le cadre du programme eugéniste hitlérien. L’atmosphère sombre de ces premiers portraits est directement liée à l’expérience traumatisante de la guerre. Mais aussi, un sentiment d’intimité, à la fois sublime et naturelle, qui émane des portraits de sa femme et de ses enfants et de ses proches.

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