Le photographe américain Saul Leiter s’expose pour la première fois au Japon, au Bunkamura Museum de Tokyo, avec un certain nombre de photographies inconnues.
« Parfois je me réveille au milieu de la nuit et j’ouvre un livre de Matisse, Cézanne ou Sôtatsu… », Saul Leiter1
Saul Leiter a vécu plus de soixante ans dans l’East Village, à New York, où il a réalisé la plupart de ses œuvres. Au cours des dernières années, ce quartier, près de Saint Marks Place, est devenu très japonais : une enfilade de restaurants – soba, ramen, okonomikayi – de bars à saké et de petits supermarchés spécialisés… Une atmosphère qui sied Leiter à ravir. J’ai toujours perçu dans son travail, particulièrement dans ses photographies couleur, une profonde affinité avec le Japon : les scènes sous la neige, les femmes aux parapluies, les perspectives improbables et cadrages révolutionnaires, comme des estampes, le rapport aux saisons et la verticalité des kakémonos. Dans toutes ses photographies, une conscience aigüe du mono no aware – cette notion viscéralement japonaise de la beauté de l’éphémère qui expliquerait, en partie, la magie et la poésie de ses images.