Rechercher un article

Biennale Internationale de Photo d’Ostende 2025 : Galerie P. : Karel Fonteyne : Something Going On

Preview

Dans le cadre de la Biennale Internationale de Photo d’Ostende 2025, la Galerie P. présente Something Going On de Karel Fonteyne.

« Or l’image ne peut plus imaginer le réel, puisqu’elle l’est. (…)
La réalité a été chassée de la réalité. »
(Jean Baudrillard)

Karel Fonteyne, l’un des photographes les plus singuliers de Belgique, joue depuis 1968 avec les frontières de ce que nous considérons comme la « réalité ». Son œuvre – un labyrinthe de solitude, d’ésotérisme et de beauté déroutante – défie non seulement notre perception, mais aussi le concept philosophique même de la représentation. Dans un monde que Baudrillard décrivait comme un « désert du réel », où les images ont perdu leur sens originel, le travail de Fonteyne offre un contrepoint intriguant : non pas des illusions, mais du jeu.

 

De la mode à la métaphysique
La carrière de Fonteyne a commencé par hasard. L’école de cinéma de Roman Polanski était son rêve, mais la photographie est devenue son médium. Après ses études, il a présenté sa première série artistique “I am who I was”, mais cela ne lui a pas permis de vivre.
Il a déménagé en Italie, où il a obtenu carte blanche et travaillé pendant 15 ans pour des magazines de mode internationaux comme Vogue. En 1994, il est revenu en tant qu’artiste indépendant. Son passage à l’art libre n’était pas un rejet du commercial, mais une suite logique de son credo : « Je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je pense. » Les images de Fonteyne ne sont pas des empreintes du monde, mais des projections d’un univers intérieur. Comme Baudrillard le soutient dans Simulacres et simulation, une image n’est plus liée à son origine, mais au réseau de significations qu’elle évoque.

L’intuition comme méthode
Le processus créatif de Fonteyne part de l’intuition une étincelle d’idée. Les germes de son travail se trouvent sans doute dans son enfance : il a une imagination débordante, qu’il cultive encore aujourd’hui avec des objets trouvés que sa femme Carine et lui trouvent fascinants, pour une raison ou pour une autre.
Dans Something Going On, il explore et déplace subtilement l’idée traditionnelle des natures mortes vers des compositions qui ne sont plus immobiles. « Le rêve et la réalité se reflètent et existent exactement au même niveau. » Il extrait l’objet de son contexte – comme la peau d’un caméléon se transforme, la signification du visible change aussi. C’est au spectateur de lire ces nouveaux récits et de se les approprier.

L’esthétique du malaise
Les images de Fonteyne oscillent entre des opposés : violence et vulnérabilité, fragilité et force. Ce sont des paradoxes visuels qui obligent le spectateur à regarder activement. Tout comme Baudrillard critiquait la consommation d’images comme une soumission passive, Fonteyne nous met au défi de produire du sens. Son œuvre n’est pas un récit fermé, mais une question ouverte.

« Something Going On » : L’exposition
L’exposition actuelle « Something Going On » à Ostende (Galerie P+, 6/9–16/11/2025) présente les dernières œuvres de Fonteyne dans le cadre de la troisième Fotobiennale Internationale d’Ostende, organisée par Stephane Verheye.

Dans cette exposition, nous voyons comment ses fascinations convergent dans des images qui flottent entre rêve et éveil. À une époque où les algorithmes dictent ce qui est « réel », Fonteyne nous rappelle le pouvoir subversif de l’imagination.

 

Informations pratiques :
« Something Going On » – du 6/9 au 16/11/2025, Galerie P+, Kursaal-Oosthelling 8, Ostende.
Horaires d’ouverture : mercredi à vendredi, 14h–18h ; samedi, dimanche et jours fériés, 11h–18h.
Vernissage : samedi 6 septembre à 16h, avec une introduction par Stephane Verheye, commissaire de la Fotobiennale Ostende.
Préview exclusive pour collectionneurs : samedi 6 septembre à 11h. Réservation par message à [email protected].
La monographie « Spell » sur l’œuvre de Karel Fonteyne est publiée par Stockmans Art Books et compte 478 pages.

Pendant la Fotobiennale Ostende, la galerie sœur Galerie P présentera également :

  • Valérie Naessens, La Brise d’Ostende
  • Bart Ramakers, Ex Tenebris Lux
    www.galeriep.be

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android