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Jean-Marie Périer, monument de nostalgie

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Notre édition du jour est entièrement consacrée au photographe français Jean-Marie Périer. L’idée est née à Arles lors d’un déjeuner au restaurant Le Galoubet pendant le dernier festival. Jean-Marie m’apprend qu’il a de juillet à octobre six expositions à Londres, Moscou, Marseille, ce qui le ravit lui qui n’a jamais été reconnu par l’establishment photographique. Moi, je trouve qu’il est un formidable photographe, un monument de nostalgie et le témoin le plus privilégié de la révolution musicale des années 1960. Il eut depuis plusieurs vies : metteur en scène, réalisateur publicitaire, écrivain, et même récemment acteur, mais c’est dans la photographie qu’il excelle le plus. Consacrons une journée à ta carrière lui ai-je proposé ! Jean-Marie, amusé, accepta ma proposition : « Je te prépare quelques images. » Il fit mieux. Il se raconte.

 

Jean-Jacques Naudet

Voici la première partie de cette édition, consacrée à l’adolescence de Jean-Marie Périer.

 

Tout commence par lui, mon père François Périer.

(Photo No 1)

Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été musicien, je jouais du piano jour et nuit, classique, jazz, je rêvassais en classe en composant, enfin c’était ma vie. Ma mère étant partie, (Photo No 2), j’appris un jour qu’en réalité mon père m’avait adopté et que mon géniteur était noir, ce qui n’était pas grave, mais il était surtout musicien, ce qui l’était beaucoup plus. J’aimais énormément mon père, aussi décidai-je de l’adopter à mon tour en faisant tout pour lui ressembler. Pour ce faire j’arrêtai net le piano pour toujours. Je tentais de bouger comme lui, je parlais comme lui, bref j’essayais d’être blanc. C’était en 1956, j’avais 16 ans.

J’étais abattu par ma récente découverte, mon père voyait bien que j’avais l’air complètement perdu. Il décida donc de m’emmener à Rome sur le tournage d’un film de Fellini, Les nuits de Cabiria, dans lequel il tenait le rôle principal.

(Photo No 3)

Je trainai donc pendant deux mois sur ce tournage sans vraiment me rendre compte à quel point il était extraordinaire. Je ne faisais plus de musique, ma vie n’avait plus aucun sens.

(Photo No 4)

Mon père s’inquiétait et demandait à tout le monde : « Qu’est-ce que je vais faire de ce môme ? » et c’est là qu’un charmant journaliste (Benno Graziani) lui dit cette phrase typiquement « années 50 » : « Quand on ne sait pas quoi faire de son fils, on le met à Paris-Match ! ». Benno me demanda si je voulais être photographe, ça m’était égal, il m’aurait dit plombier, j’étais d’accord, sans musique ma vie était finie. Et c’est ainsi que je rencontrai Daniel Filipacchi à Europe No 1 en septembre 1956.

(Photo No 5)

Jean-Marie Périer

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