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Abdela Igmirien : Voyage dans le Far West Chinois

A l’affût sur Instagram et Facebook,  ses rédacteurs font de la veille pour dénicher de nouveaux talents.

Le 23 janvier, Tswira proposait de découvrir une exposition virtuelle Igmirien : Voyage dans le Far West Chinois. Une exposition qui a soulevé plusieurs questions : Qui est Igmirien ? Pourquoi Ali Berrada (photographe et fondateur de Tswira) a-t-il voulu le présenter dans la galerie virtuelle du site ?

Qui est Igmirien ?

Abdela Igmirien a 25 ans. Il est originaire d’un petit village nommé Igmir, qui se situe près de Tafraout au Maroc. Ingénieur géomètre-topographe de profession, il s’est lancé dans la photographie par vocation avant tout pour réaliser des portraits et des photos de rue. Il débute lors d’un premier voyage en Chine à Shanghaï en documentant la vie quotidienne, tout en s’inspirant de rencontres avec des photographes de rue dans cette métropole mondiale et aussi du travail du photographe japonais Daidō Moriyama. En 2012, il déménage à Pékin et rencontre une scène artistique mûre et riche, qui lui donne envie d’aller plus loin dans ses sujets, d’échanger et d’enrichir l’arrière-plan, le contexte.

A Pékin, la majorité des gens qu’il croise pensent qu’Igmirien est chinois quand il parle mandarin. Et pour cause, selon eux, il ressemble aux Ouïghours – les habitants de la région autonome Ouïghour du Xinjiang en Chine. Cette comparaison attise la curiosité du photographe, qui décide de réaliser un voyage en solo, une sorte de traversée du Far West Chinois, dans cette région où perdurent des conflits entre le gouvernement et les habitants.

Igmirien part donc avec son appareil photo (qu’il n’a pas utilisé) et son iPhone (c’est avec lui qu’il réalisera ses images pour des questions de simplicité et de rapidité). Il arrive au départ à Kashgar, décrite comme l’ancien joyau de la Route de la soie, qui se situe à mi-chemin entre Ankara et Pékin. Il ira aussi près du lac Karakul, qui se situe à 196 km de Kashgar. Dès lors, tout lui semble familier, de l’architecture aux habits et aux personnes croisées dans la rue. Là-bas, tout le monde pense qu’il vient de la région. Pourtant ici les gens ne parlent pas le mandarin mais l'ouïghour. Quand il explique qu’il est étranger, les gens l’imaginent venant d’Asie centrale. Ici, les habitants connaissent le Maroc sous le nom de Marrakech. Aidé d’un ami parlant la langue, Igmirien réalise une série d’images en couleur, où on découvre son voyage dans la région des Ouïghours, ses rencontres, les paysages, l’architecture – tous ces éléments dont la ressemblance avec sa région au Maroc est extrêmement forte. Sur son Instagram, chacune de ses images est accompagnée d’une anecdote sur sa rencontre avec la personne photographiée ou avec le paysage.

Igmirien a été le gagnant, en 2013, de deux catégories aux Maroc Web Awards, Photo et Instagram de l’année. Il a participé à une exposition collective en décembre dernier à l’espace Lightstage Art & Events Space à Honk Kong. http://lightstage.hk/

Pourquoi cette galerie virtuelle ? Réponse d’Ali Berrada (photographe basé à Casablanca. Fondateur de Tswira en 2011).

« J'ai connu Abdela il y a plusieurs années de cela via Flickr et Twitter, puis un jour on s'est rencontrés lors d'une réunion Photoblanca pour parler de l'avenir de la photographie au Maroc. C'était en 2011, le projet Tswira est né suite à ce rassemblement de photographes.

A ce moment-là, Igmirien n'avait pas de style particulier en photographie, il se cherchait encore. Ce n'est que lorsqu'il a quitté le Maroc et qu'il a commencé à se perdre dans les rues des grandes métropoles chinoises qu'on a découvert tout son talent. 

Dernièrement, je lui ai demandé s'il avait une série entière sur son dernier voyage. Il m'a donc proposé A Journey in the Far West of China, en m'expliquant son histoire.

J'ai trouvé l'histoire captivante et très touchante. Quand on voit les photos de cette série, on s'aperçoit effectivement que certaines images auraient pu être prises au Maroc, dans une ancienne médina, avec ses artisans, ses couleurs, ses rues étroites mais aussi ses paysages. »

 

http://instagram.com/igmirien

http://www.tswira.ma